Arnaques crypto : 12 types courants et comment les repérer
Mis à jour le 31 octobre 2026
Une arnaque crypto est tout procédé qui vous pousse à envoyer des cryptos, à signer une transaction ou à révéler un secret, pour que votre argent finisse chez quelqu’un d’autre. Certaines arnaques se cachent dans le token lui-même, d’autres visent votre wallet, d’autres encore reposent sur une confiance construite pendant des semaines. Ce guide présente les douze types que vous risquez le plus de croiser, les signaux qu’ils ont en commun et que faire si c’est déjà arrivé.
Sur cette page
- Réponse rapide : les trois signaux de toute arnaque
- Arnaques sur les tokens : quand la pièce est le piège
- Arnaques au wallet : attaques sur les clés et les signatures
- Arnaques sociales et à l’investissement : la confiance comme arme
- Après l’arnaque : les arnaques à la récupération
- Les signaux d’alerte communs à toutes les arnaques
- Que faire si vous avez été arnaqué
- Les arnaques crypto en chiffres
Réponse rapide : les trois signaux de toute arnaque
Presque toutes les arnaques crypto, même les plus habiles, ont besoin de l’une de ces trois choses. Si vous apprenez à les repérer, vous arrêtez la plupart des arnaques avant qu’elles ne vous coûtent quoi que ce soit.
La suite du guide montre comment chaque arnaque déguise ces trois demandes, et ce qu’il faut vérifier dans chaque cas.
- Une promesse trop belle : rendement garanti, rapide ou doublé, tokens gratuits, opportunité secrète.
- L’urgence : un compte à rebours, des places limitées, un ami ou un « agent du support » qui insiste.
- Une demande de contrôle : votre seed phrase, un paiement d’avance ou une signature que vous ne comprenez pas vraiment.
Arnaques sur les tokens : quand la pièce est le piège
Ces arnaques sont intégrées au token que vous achetez. Le site et la communauté peuvent sembler normaux, mais le contrat, la supply ou la liquidité sont réglés pour que les créateurs gagnent et que les acheteurs perdent. Bonne nouvelle : la plupart de ces pièges laissent des traces on-chain que vous pouvez vérifier avant d’acheter.
Rug pull
Dans un rug pull, les créateurs retirent la liquidité du pool ou vendent d’un coup leur grosse part de la supply. Le prix s’effondre en quelques minutes et les holders se retrouvent avec un token que personne ne leur rachète à un prix raisonnable.
Les signaux habituels sont une mint authority encore active, une liquidité ni brûlée ni verrouillée et quelques wallets qui détiennent presque toute la supply. Le rug pull est le risque le plus fréquent parmi les nouveaux memecoins.
Honeypot
Un honeypot est un token que vous pouvez acheter mais pas revendre, ou seulement avec une taxe énorme. Le graphique ne fait que monter parce que personne ne peut vendre. Sur Solana, le piège est en général une freeze authority active ou une extension Token-2022 ; sur les chaînes EVM, il est caché dans le code du contrat.
Regardez l’historique du pool : beaucoup d’achats et presque aucune vente, ce n’est pas le signe de holders convaincus, c’est le signe que la vente ne marche pas. Une petite vente de test aide, mais certains pièges ne bloquent que les ventes plus grosses ou plus tardives.
Pump and dump
Un groupe achète discrètement un token bon marché, puis en fait une promotion massive dans les chats, les posts et les mentions payées, avec des messages « offre limitée ». Quand les nouveaux acheteurs font monter le prix, le groupe leur revend tout. Le prix retombe, souvent sous son point de départ.
Le schéma à surveiller : une promotion soudaine par de nombreux comptes en même temps, avec des holders entrés très tôt qui détiennent une grosse part. Une promotion sans aucun produit est déjà un signal d’alerte.
Faux tokens et clones
N’importe qui peut créer un token avec le même nom, le même ticker et le même logo qu’un projet connu. Les escrocs lancent ces copies quand un vrai token fait l’actualité, ou quand un projet annonce un token qui n’existe pas encore.
Noms et logos se copient, l’adresse du contrat non. Prenez l’adresse uniquement sur le site officiel ou le compte vérifié du projet, et comparez-la caractère par caractère avec celle que vous allez utiliser.
Comment repérer un rug pull →Les tokens honeypot expliqués →Analyser un token →
Arnaques au wallet : attaques sur les clés et les signatures
Les arnaques au wallet se moquent du token que vous détenez. Elles visent le wallet lui-même : votre seed phrase, votre signature ou vos habitudes quand vous copiez une adresse. Les transferts crypto sont en général irréversibles, une seule erreur peut donc vider un wallet en une transaction.
Phishing et sites drainer
Le phishing utilise de faux messages, pop-ups, publicités et sites qui imitent un wallet, une plateforme d’échange ou une application connue. Certains demandent de saisir votre seed phrase. D’autres sont des drainers : la page vous demande de connecter votre wallet et de signer une transaction d’apparence anodine qui transfère vos tokens à l’attaquant.
Ouvrez les applications depuis vos propres favoris, jamais depuis des liens reçus ou des résultats sponsorisés. Aucun vrai service n’a besoin de votre seed phrase.
Autorisations malveillantes
Quand vous utilisez une application décentralisée, vous donnez souvent à un contrat la permission de déplacer un token pour vous. Sur les chaînes EVM, c’est une approval ; sur Solana, un delegate. Un site malveillant demande une permission illimitée et l’utilise plus tard, parfois des semaines après la signature.
Les permissions n’expirent pas d’elles-mêmes. Vérifiez-les de temps en temps dans votre wallet ou un explorateur de blocs, et révoquez celles que vous n’utilisez pas.
Address poisoning
L’attaquant vous envoie un transfert minuscule depuis une adresse qui commence et finit comme une adresse que vous utilisez souvent. Elle reste dans votre historique de transactions, en attente. La prochaine fois que vous copiez une adresse depuis cet historique, vous copiez la sienne et envoyez vos fonds à l’escroc.
Copiez les adresses depuis votre carnet d’adresses ou la source d’origine, jamais depuis l’historique. Vérifiez plus que les premiers et derniers caractères et envoyez un petit montant de test avant un gros transfert.
Faux support et usurpation d’identité
Après que vous avez parlé en public d’un problème de wallet, des « agents du support » vous répondent ou vous écrivent en privé. Ils se font passer pour une plateforme d’échange, l’équipe d’un wallet, un modérateur, voire un ami dont le compte a été piraté. Tôt ou tard, ils demandent votre seed phrase, un mot de passe ou une signature pour « vérifier » le wallet.
Le vrai support ne vous contacte jamais en premier en privé et ne demande jamais vos clés. En cas de doute, ouvrez une demande uniquement depuis le site officiel.
Sécurité du wallet : les bases →Phishing dans le glossaire →Drainer dans le glossaire →
Après l’arnaque : les arnaques à la récupération
Avoir été arnaqué une fois ne protège pas d’une deuxième arnaque. Les victimes sont souvent contactées par des « experts en récupération », de faux avocats, des hackers ou des personnes se présentant comme la police ou un régulateur, qui affirment pouvoir retrouver et restituer les cryptos volées.
Ils demandent toujours quelque chose d’abord : des frais, un dépôt pour « débloquer » les fonds, un accès à distance à votre ordinateur ou votre seed phrase. Certains montrent même de faux documents ou une fausse analyse de la blockchain. Rien qu’en 2025, le FBI a reçu plus de dix mille signalements d’arnaques à la récupération.
Les vraies autorités ne font pas payer leurs enquêtes, et personne ne peut annuler une transaction blockchain contre paiement. Considérez toute offre de récupération payante comme l’arnaque suivante.
Les signaux d’alerte communs à toutes les arnaques
Les autorités européennes de surveillance (EBA, ESMA et EIOPA) ont publié en décembre 2025 une fiche destinée aux consommateurs sur la fraude crypto, disponible aussi en français. Ses signaux d’alerte valent pour tous les types de ce guide, du nouveau memecoin au contact sentimental.
- Une offre que vous n’avez pas demandée, venant d’un inconnu.
- Des rendements garantis, élevés et rapides.
- Une pression pour décider ou payer tout de suite.
- Un paiement exigé uniquement en crypto, cartes cadeaux, cartes prépayées ou virement.
- Des liens, QR codes ou applications qu’on vous demande d’ouvrir ou d’installer.
- Toute demande de vos clés privées ou de votre seed phrase.
- Une adresse web légèrement fausse, ou un logo et un site copiés sans coordonnées ni enregistrement vérifiables.
- Une plateforme d’échange dont vous n’avez jamais entendu parler.
- Des pièces jointes qui exécutent du code, comme des fichiers .exe, .scr, .zip ou des documents bureautiques avec macros.
Fiche des ESAs sur la fraude crypto (2025, en français) ↗La checklist pour un nouveau token →
Que faire si vous avez été arnaqué
Agissez vite et dans cet ordre. L’objectif est d’abord d’arrêter les pertes, puis de laisser une trace claire à ceux qui peuvent enquêter.
- Arrêtez tout paiement et tout contact. N’envoyez aucune « taxe », aucun « frais » ni dépôt pour débloquer votre solde, et bloquez l’escroc.
- Si vous avez donné votre seed phrase ou signé quelque chose de suspect, créez un nouveau wallet sur un appareil sain et transférez-y ce qui reste.
- Révoquez les permissions : les approvals de tokens sur les chaînes EVM et les delegates sur Solana, depuis votre wallet ou un explorateur de blocs.
- Changez vos mots de passe et activez la double authentification sur les plateformes d’échange, l’e-mail et tout compte lié au wallet.
- Gardez une trace de tout : hash des transactions, adresses des wallets, adresses des sites, captures des conversations, dates et montants.
- Contactez la plateforme d’échange ou le fournisseur du wallet par ses canaux officiels. Si les fonds sont arrivés sur une plateforme régulée, elle peut parfois les geler, mais l’opération ne peut en général pas être annulée.
- Portez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, et signalez le cas à l’autorité financière nationale : en France l’AMF, en Belgique la FSMA.
- Prévenez vos proches et ignorez toute personne qui propose de récupérer votre argent contre paiement.
Les arnaques crypto en chiffres
Les chiffres officiels ne comptent que les cas signalés, les totaux réels sont donc plus élevés. Dans l’Internet Crime Report 2025 du FBI, les cryptos sont impliquées dans plus de la moitié des pertes déclarées, qui atteignent 20,9 milliards de dollars au total.
Chainalysis, qui estime les revenus des arnaques à partir des données de la blockchain, a constaté qu’en 2025 les arnaques ont reçu au moins 14 milliards de dollars on-chain, et prévoit un chiffre final supérieur à 17 milliards. Le même rapport indique que le paiement moyen versé à une arnaque est passé en un an de 782 à 2 764 dollars.
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Pertes liées aux cryptos déclarées au FBI | 11,37 milliards de dollars, 181 565 plaintes | FBI IC3, 2025 |
| Pertes dues à la fraude à l’investissement crypto | 7,23 milliards de dollars, 61 559 plaintes | FBI IC3, 2025 |
| Pertes en crypto déclarées par les plus de 60 ans | 4,35 milliards de dollars | FBI IC3, 2025 |
| Pertes dues aux arnaques à la récupération | 1,4 milliard de dollars, 10 516 plaintes | FBI IC3, 2025 |
| Pertes via distributeurs et bornes crypto | 389 millions de dollars, 13 460 plaintes | FBI IC3, 2025 |
| Revenus des arnaques reçus on-chain | Au moins 14 milliards de dollars, plus de 17 milliards prévus | Chainalysis, données 2025 |
| Croissance des arnaques par usurpation d’identité | +1 400 % en un an | Chainalysis, données 2025 |
| Wallets personnels compromis | 20 % de la valeur volée, au moins 80 000 victimes | Chainalysis, données 2025 |
FBI IC3 Internet Crime Report 2025 (PDF, en anglais) ↗Chainalysis 2026 Crypto Crime Report : arnaques (en anglais) ↗Chainalysis : vols de cryptos en 2025 (en anglais) ↗
Questions fréquentes
- Quelle est l’arnaque crypto la plus courante ?
- En argent perdu, la fraude à l’investissement : fausses plateformes, pig butchering et rendements garantis ont coûté 7,2 milliards de dollars aux victimes selon les chiffres 2025 du FBI. En nombre, le phishing, l’usurpation d’identité et les faux tokens sont ceux que vous croiserez le plus souvent.
- Peut-on récupérer ses cryptos après une arnaque ?
- En général, non. Les transferts sur la blockchain ne s’annulent pas, mais une plateforme d’échange peut parfois geler les fonds qui lui arrivent si vous signalez vite. Portez plainte, prévenez votre fournisseur et méfiez-vous de quiconque promet une récupération payante : c’est souvent l’arnaque suivante.
- Comment signaler une arnaque crypto ?
- Portez plainte auprès de la police ou de la gendarmerie et signalez le cas à l’autorité financière nationale, l’AMF en France, avec les hash des transactions, les adresses et des captures d’écran. Prévenez aussi la plateforme, le wallet ou le service concerné.
- Les airdrops sont-ils des arnaques ?
- Pas tous, mais les faux airdrops sont un piège fréquent. Des tokens que vous n’attendiez pas, ou des sites qui demandent de connecter votre wallet, de signer une transaction ou de payer des frais pour réclamer, en sont les signes typiques. Un vrai airdrop ne demande jamais votre seed phrase ni un paiement.
- Comment vérifier un token avant de l’acheter ?
- Prenez l’adresse du contrat sur une source officielle et passez-la dans un scanner. Vérifiez si la mint et la freeze authority sont révoquées, à quel point les holders sont concentrés, si la liquidité est verrouillée et si la vente fonctionne.
- Un token arnaque est-il illégal ?
- Créer un token n’est pas illégal en soi. L’utiliser pour tromper les acheteurs, par exemple avec un rug pull ou un faux projet, peut constituer une escroquerie, et proposer des investissements ou des services crypto sans autorisation est interdit dans de nombreux pays. Les détails dépendent de votre pays.
Chaque arnaque de ce guide a besoin de vous pour un paiement, une signature ou un secret. Ralentissez dès qu’on vous demande l’un des trois. Pour les arnaques sur les tokens, les faits sont on-chain : analysez l’adresse du contrat avant d’acheter et vérifiez mint et freeze authority, holders, liquidité et possibilité de revendre.
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